Les masques tombent

Danse et Art plastique (Création 2021).

Quatrième volet des séquelles de la colonisation, ce projet artistique est né de la rencontre entre deux artistes, un plasticien – Clay Apenouvon du Togo – et un danseur chorégraphe chercheur en Art performance – Zora Snake du Cameroun après l’appel à Projet The Burden of memory du Goethe Institut.


L’œuvre plastique et la danse sont comme deux corps qui jouent ensemble, s’interpellent, s’entremêlent, se répondent pour ouvrir un autre regard sur « Les masques ».

En résidence à Lomé à l’institut Français du Togo au janvier et février 2021, puis à Paris, Berlin et Bruxelles pour finaliser cette œuvre hybride.

La création a été présentée lors du festival MODAPERF, édition 2021.


Extrait d’entretien

La présentation de cette performance se déroulera devant un public entourant l’espace scénique. On verra un être qui bouge et essaie d’entrer en contact avec trois sculptures, effigies représentant symboliquement les êtres qui habitent ces dites œuvres d’art africaines qui peuplent les musées du monde entier. Mais en réalité, ce ne sont pas des œuvres d’art mais des êtres-sujets déplacés de leur espace essentiel.

Pourquoi ça s’appelle Les Masques tombent?

En premier lieu, ce que nous appelons les sujets présents dans ces musées sont pour une bonne part constitués de masques. Ce titre est sans doute une injonction. Que ces masques quittent le statut qu’on leur a affublé « d’œuvres d’art africaines« . Les masques tombent car par notre travail, doit apparaître, se révéler leur véritable statut. Un dévoilement à la fois aux yeux de ceux qui les ont pillé sur notre continent comme des « valeurs » à conserver comme aux yeux de nos frères qui ont oublié la puissance de ces objets-sujets qui sont en réalité des ancêtres qui doivent revenir sur leur terre originelle.

Dès lors, il ne s’agit plus des « masques » contemplés dans les musées au sens premier du terme, mais des non-dits de notre histoire commune donc nous partageons les mêmes valeurs.

En quoi le passé est-il intéressant dans la vie d’un homme ?

Du fait de l’omnipotence des pays du Nord que nous subissons en toutes choses et chez nous de l’oubli coupable de nos glorieuses heures passées, il est nécessaire de proposer une interrogation sur ce qui a constitué l’histoire et la culture de nos peuples. Le passé est le socle de notre avenir.

Un avenir unique, propre, singulier qui ne ressemblera qu’à nous-mêmes, hors de toute imitation.

Quel est ce poids du passé dont vous parlez et en quoi l’art peut contribuer à « soulever » ce poids ?

Les passés de tous les peuples pèsent quelque chose. Les Occidents n’oublient jamais ce qu’ils doivent aux Grecs et aux Romains. Nous devons donc reconsidérer la puissance de notre passé avant que les peuples du Nord ne viennent nous coloniser, et se chargent de nous écarter de tout ce qui constitue notre passé.



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