MODAPERF 6eme édition

L’A(E)NCRE MÉMOIRE : Territoires, corps et développement local

Laboratoires pour les préparatifs de la Biennale de la danse et d’art performance du Cameroun 2023 / Festival Modaperf Cameroun – 6ème édition (2022 – 2023).

(C) Éric Milet

Au coeur des replis, des divisions, des frontières, des démarcations, des lignes de barricades, des montées des peurs, des guerres, d’inquiétudes,
Au coeur d’une indépendance inachevée, de cette lutte du Nord-ouest et Sud-ouest qui fera déplacer plus d’un million de personnes à l’intérieur comme à l’extérieur du Cameroun, Pays riche en diversité culturelle avec un patrimoine puissant, étendue sur tout l’ensemble du territoire, le festival international Modaperf greffe sa sixième édition sur ces préoccupations majeures.
Avec courage, détermination, endurance, persistance et persévérance, sa thématique se construira cette fois-ci sous forme de laboratoire d’analyse des cultures populaires dans les localités et quartiers de Dschang, pour bâtir les restes de notre grande histoire commune avec ceux et celles qui y restent, avec ceux et celles qui ne désertent pas, ceux et celles qui constituent la graine collective de cette résistance pour un développement local équilibré.

Dans l’espoir de voir cette richesse immatérielle vibrer au rythme d’une programmation artistique et culturelle foisonnante avec l’espace urbain de la ville de Dschang et le village Sonkeng, à L’ouest du Cameroun où les esthétiques se croiseront, s’entremêleront, où les performances se mêleront dans la racine de son avènement et feront bouger nos esprits pendant ce grand rendez-vous de biennale de la danse et d’art performance du Cameroun en novembre 2023.
C’est aussi importer ici les archives de l’indicible. Ces ancrages déracinés et exportés vers l’ailleurs, suspendues dans les bras des puissances à l’époque coloniale et donc sous nos plantes des pieds ne reste que la terre, dans nos corps, les souvenirs et en face de nous, le chaos, plus loin, le vide.
Cette mémoire dans chaque livre imaginaire d’époque, dans chaque ville vidée de son essence, dans chaque regard mouillé de larmes d’espoirs, dans chaque corps, esprit, âme, pensée qui traverse les temps, dans chaque geste et parole en quête de liberté, dans chaque espace imaginaire et réel posé sur nos épaules aujourd’hui, portée par une jeunesse dynamique et inventive de leur propre avenir.
C’est dans cette ville mémoire, chargée en partie d’histoire du Cameroun que nous tenterons d’embarquer dans le cargo du renouveau, les bâtisseurs d’histoire, les forgerons d’espoir, les fabricants de la paix, les constructeurs de lien à partir de la force de ses terres qu’habite nos corps.
Un laboratoire de travail qui nous permettra d’assembler les outils de réflexion pour écrire artistiquement la poésie cachée dans ses vestiges invisibles, en complicité avec les espaces poétiques des villes et villages, les amis, associations, artistes locaux…
Il prendra forme grâce aussi aux résidences et recherches entre artistes, anthropologues, historiens, scientifiques, chercheurs et universitaires pour semer une nouvelle page d’histoire dans le récit social de cette sixième édition.
Ainsi, nous plantons la graine de cette thématique dès à présent pour que la puissance des performances et les propositions des artistes dans l’espace urbain de Dschang, des villes et dans la cour familiale du village, passant par des lieux sacrés, puissent germer d’autres liens sociaux et réveiller ses mémoires inoubliables pour dire au-delà des frontières, nos futures sociétés en devenir, à partir d’ici.