Chorégraphe, Performer, Créateur de désordre urbain
Auteur : Zora Snake
Danseur chorégraphe et artiste performeur, d’origine camerounaise, fondateur du festival International Modaperf et de la compagnie Zora Snake du Cameroun, né dans son village natal, Zora Snake est l’un des artistes les plus prometteur de la scène contemporaine actuelle en Afrique.
De son vrai nom TEJEUTSA qui veut dire « quelqu’un qui a de l’empathie » en sa langue patrimoniale, Zora Snake travaille autour de la déconstruction du rituel, du mouvement infini et de la poésie des corps, symbole de notre être-vivant.
A travers ses créations virtuoses, osées, débordantes, transgressives, explosives, politiques, et poétiques ; Zora Snake veut agir pour faire bouger les esprits, casser les préjugés et les écrits mortifères sur notre temps.
Ce 4 Juin 2022 à la cité internationale des arts, à 11h45, je présente une performance unique pour notre chère collègue, chercheure, curatrice et historienne d’art, avec et autour de Dominique Malaquais qui nous a quitté en octobre 2021.
Pour cette grande rencontre historique, ce rituel collectif, cet accompagnement vers sa traversée éternelle, cette mémoire immatérielle, cette bibliothèque humaine, lumineuse et glorieuse marquée de son vivant, la performance sera composée et construite sur place, faisant lien au travail de Dominique Malaquais, ses recherches à Douala et son rapport à la performance, aux frontières, aux villes, aux politiques et aux imaginaires d’ici et d’ailleurs.
Derrière, la guerre
Devant, les frontières
En bas, l’enfer
En haut, frontex
À gauche, la gauche fait peur la droite
À droite, la droite fait peur la gauche
Au milieu, le monde qui trébuche
Dans ce temps chaotique
La mort piège la vie
La peur séquestre nos lendemains dans ses griffes noires
Broie dans sa bouche les aboiements du repli
avale nos rêves dans sa gorge blanche
Dans son ventre, le métissage des anti-frontières, tous les corps tremblent.
Ils brûlent, s’effondrent sous un poids excédent du ciel.
Il faut rapidement désamorcer la colère de ce ciel ténébreux avant qu’elle ne laisse le vide comme héritage pour notre âme.
Voici que l’arc-en-ciel s’est fichu de notre gueule.
Par la fulgurance de l’humanité encore possible d’y loger un espoir maigre, interdit d’interdire.
On s’invite donc à franchir au tant que possible les lois tortionnaires de Mer, même les requins seront obligés un jour de prendre du recul dans l’eau pour méditer au soleil.
On s’invite à franchir les marées qui dissolvent les vagues torrentielles du courage au fond de l’Atlantique, même la mort un jour, regrettera pourquoi elle s’appelle MORT, elle n’aura qu’une seule excuse : Demander Pardon.
À franchir l’ordre d’un système de dressage drastique des peuples, Ainsi le désordre ira manifester pour réclamer son droit de circuler librement donc l’ordre lui vol sa liberté.
Aux Lueurs de la terre, laisses dans cette chair meurtrie par ce chaos tissé, les marques de nos luttes pour qu’elles puissent graver dans les cœurs des élus, les temps des combats infinies de l’univers.
Que l’âme accouche d’autres résistances.
Que la performance soit debout.
Que l’art nous parle pour vaincre qui nous sommes et mieux boxer la situation !
C’est parti pour une semaine d’atelier sur la pratique d’art performance dans les Afriques avec Zora Snake et le processus « Boxe-creation », dans le cadre du festival ville en mouv’ment de Fatou Cissé
« À partir de nos propres imaginaires, nous allons peupler artistiquement les rues pour performer le visage des villes et donner une créativité locale riche / inspirante pour nos futures sociétés. Tisser un dialogue artistique solidaire et social avec nos populations ».
…Entrer dans soi même pour investir l’espace, puis l’univers. être à l’écoute des impulsions des énergies vibratoires données par la puissance de l’espace. Préparer les corps et les esprits pour affronter toutes les complexités de la vie et parler par l’acte artistique, les sociétés d’aujourd’hui et demain, par nous-même.
Ici, ça travaille l’esprit.
Un grand merci aux artistes : Mohamed lamine damba, Djilias mendy, Yaba samb, Ashley salla, Elle hadji babou, Kecouta camara, Naby laye moussa, Fily ndiaye, Ngagne pouye, Abou soumaré, Ndella kama, Youssou ngom, Bigué ndiaye, Adama woury, Melanie ramirez, Gnima diedhiou, Sabine Mendy, Lassy, Sone five danseur, Sophie diallo, Mya yanga, Marion antonettie
Rendez-vous à Dakar du 22 au 27 Mai pour l’événement ville en mouv’ment de Fatou Cissé
pour un workshop sur la performance, la danse, dans les Afriques en particulier les villes sénégalaises, les rues et quartiers de Dakar avec Zora Snake.
» Par la performance, comment créer à l’intérieur d’une ville déjà en mouvement le visage d’une société future imaginée par les artistes qui bousculent le présent ? «
C’est ouvert à toute et à tous auprès de l’organisation de Fatou Cissé.
On va remuer les esprits pour que les espoirs s’envolent encore plus loin sur les terres de nos aïeux !
Après des performances livrées au Théâtre National Wallonie-Bruxelles et à Charleroi danse à Bruxelles,
nous posons nos valises à la cité internationale des arts pour la deuxième étape de résidence d’écriture consacrée à l’ouvrage collectif « L’ART EST UNE BOXE : De la performance, du politique ».
Avec : Julie Peghini (Anthropologue, réalisatrice et maître de conférences), Feu Dominique Malaquais (Chercheure, historienne d’art et curatrice).
(v)Phatal Ebodé
Avec le soutien de la Fondation Camargo (Cassis), L’EHESS (l’école des hautes études en sciences sociales) et la Cité internationale des arts à Paris, L’association la Cie ZORA SNAKE du Cameroun.
Merci pour ce fort soutien. On ne lâche rien !
Le cerveau boxe, le corps encaisse, les doigts dansent.
Réservez vos places au Théâtre national Wallonie Bruxelles,
Plongez dans le mystère de la démocratie en Afrique centrale où le rituel affronte le politique sur un ring de boxe.
Danser pour combattre
« Avec Le Départ, le Camerounais Zora Snake met en mouvement un moment charnière de la vie, celui de l’étincelle avant une reconstruction. Une performance à vif à partir d’un texte proféré pour s’élever contre le système injuste de nos sociétés ».
Les 17, 18, 19 Mars 2022, Africa Simply the best 2019, trois solos
Suivi de « L’opéra du villageois » en Charleroi danse la Raffinerie le 23 Mars 2022, Festival Legs.
Africa Simply the best est un projet mis sur pieds par Serge aimé Coulibaly à Bobo-Dioulasso / Ankata
avec pour coproduction : Faso Danse Théâtre, Théâtre National Wallonie- Bruxelles, Tropiques Atrium – Scène nationale de Martinique, Maison de la Danse Lyon
Fondation CAMARGO 2022, première étape de résidence autour de notre tout premier livre ”L’Art est une boxe : De la performance, du politique”.
Rencontre avec Julie Peghini et Zora Snake – ce 2 février 2022 à 19h00 à Camargo Foundation
D’après le moi inconnu convoqué régulièrement dans le livre, Du sucre, de la terre, un fouet, une fleur, un rouleau de fil de fer barbelé, des bougies : C’est avec ces éléments et ces objets que le chorégraphe performeur Zora Snake compose son œuvre, « Le moi inconnu », à la recherche de temps inconnus. Ces objets, bien tangibles, bien visibles, représentent des mémoires indicibles, à travers les époques, de l’esclavage à notre époque où les extrêmes droites sont en pleine montée.
« Le moi inconnu » est un processus de boxe-création, conçu pour restituer une première étape d’une résidence d’écriture consacrée à un livre à venir « L’art est une boxe : de la performance, du politique ».
Ce livre est une œuvre collective, imaginée avec feu Dominique Malaquais (chercheuse et curatrice) et Julie Peghini (anthropologue et réalisatrice).
« Le moi inconnu » est convoqué sur le ring pour livrer à chaque performance le combat du siècle !
Photo, performance Transfrontalier, Marminiac.
Le projet se poursuivra à la cité internationale des arts à Paris, Avril 2022.
En partenariat avec L’EHESS (l’école des hautes études en sciences sociales) et la cité internationale des arts à Paris.
L’ART EST UNE BOXE : De la performance, du politique – Mon tout premier livre
Pour ce premier livre, fortement inspiré de la performance dansée « TRANSFRONTALIER », nous sommes si heureux de vous annoncer, Julie Peghini, Feu Dominique Malaquais et moi-même, la première étape de résidence d’écriture et de recherche pour l’ouvrage « L’ART EST UNE BOXE : De la performance, du politique » à la Fondation Camargo à Cassis/France. En partenariat avec l’EHESS.
Se poursuivra à la cité internationale des arts à Paris.
« Dans le monde de l’art contemporain, la performance est le lieu de réflexion et d’expérimentations autour de problématiques liées à la brutalité de systèmes politiques et économiques inféodés au capitalisme néolibéral.
En Afrique et dans les diasporas, se dessine depuis le début des années 1980 un paysage performatif puissant, articulé d’une part à une critique cinglante des effets mortifères du capitalisme, tant sur la longue durée que dans son acception présente, et d’autre part à l’élaboration d’alternatives possibles, arrimées à l’espoir de futurs sociétés moins violemment scindés ».
L’ouvrage aura pour titre L’ART EST UNE BOXE : De la performance, du politique. Il s’agira de penser, à partir de six performances artistiques sélectionnées par l’artiste – Je suis, Au-delà de l’humain, Transfrontalier, Le départ, les séquelles de la colonisation et l’opéra du villageois – créées de 2013 à 2021, du Festival Modaperf Cameroun et de nos activités au village, de penser les possibles d’un monde débarrassé de barrières qui, en cette troisième décennie du troisième millénaire, vont s’accumulant, scindant de plus en plus radicalement un monde que nous vivons de moins en moins en commun.
Proposition multiformes, ce premier livre sera accompagné d’un fort corpus photographique des performances de l’auteur. Invitant chercheurs, poètes, écrivains, artistes performeurs, chorégraphes, anthropologues et scientifiques (Afrique, Europe, USA) à déborder le présent pour faire tomber les murs.
MERCI À TOUTES CELLES ET CEUX, Notamment les directrices(eurs), programmatrices(eurs), et le bouche à oreille qui ont participé à faire résonner « TRANSFRONTALIER ». À cette belle équipe autour de ce projet du livre et à nos multiples projets artistiques à venir.
À toi, Feu Dominique Malaquais là haut,
Que les ancêtres, les héros, les figures inoubliables des luttes pour les libertés pour toute appartenance sans frontières, nous bénissent et nous inspirent durant cette merveilleuse résidence qui entrera dans l’histoire.
(C) Anna von Kooij / photo Transfrontalier en Hollande /Utrecht et Marminiac/la fabrique des francophonies). Photo illustration ouvrage pas encore finalisé : Éric Milet.
Laboratoire des pratiques d’art performance en immersion au Mali. Les Praticables 2021. Du 6 au 12 décembre à Bamako.
Intervenants : Androa Eric Mindre, Delphine Gatinois, Zora Snake
Avec Salif Zongo, Sylvie, Jesu et Didier.
Après deux années acharnées de travail, sortie de laboratoire des pratiques d’art performance en immersion mis en place par les Praticables, la compagnie Kumasô et Lamine Diarra ici même à Bamako.
Aujourd’hui, nous sommes là pour porter haut la création dans l’espace public, nous sommes là pour ouvrir notre pratique au Mali, à Bamako, nous sommes là pour soutenir nos projets artistiques pour un développement local et Territorial commun.
La performance artistique au service d’une société civile et civique doit tout faire pour maintenir le rêve possible en Afrique francophone et devenir un patrimoine inévitable pour toute génération. Oui, c’est possible de construire ici, d’interpeller et de dialoguer comme le cas aujourd’hui dans certains pays du Sud.
L’acte de performer dans un espace inattendu où l’artiste avait pour consigne de déplacer le sens usuel du lieu et le détourner pour le rendre artistiquement vivant, devient un geste politique fort-contact-direct avec nos populations qui deviennent elles-mêmes des intervenants.
La société en elle-même est un ensemble de danseur où chaque individu est chorégraphe de son propre acte, où tout artiste a le droit et la liberté de faire serpenter son imaginaire à l’intérieur de cette vaste scénographie visuelle et plastique provenant du mouvement social, avant de concevoir une étoffe artistique qui fait bouger les murs. Ici, c’est possible.
Avec deux projets retenus et suivis durant l’année 2021 auxquels des personnes volontaires se sont soudainement joints durant l’atelier. Comme notre métier le dit : « Tu veux faire ? Viens. »
« ils viennent raconter leur voyage ici, aux Praticables. Juste par la force des images qu’ils composent avec leurs corps – engagés, souffrants, magnifiques«
(C) Kounandi.
Que nos expériences de vie élaborées ensemble traversent l’univers et ne cessent de réinterroger qui nous sommes. Donnons leur un sens constructif de nos futurs liens sociaux.
En renforcement, nous avons travaillé avec les femmes de tout le quartier Bamako Coura, nos mamans qui soutiennent le projet les praticables avec en tête Lamine Diarra, amoureux des pratiques artistiques, fou du théâtre dans les cours familiales.
Merci aux mamans qui nous ont accompagné durant notre procession performative en guise de bénédiction aux âmes tombés et de trois jours de deuil national durant laquelle nous avons transformé l’inattendu. Ceci grâce aux éléments hérités de nos aïeux, transformés dans l’espace public créant de l’apaisement dans les cœurs des enfants, des jeunes et des parents.
Duo – performance et réalisation : Androa Mindre (Congo Kinshasa) et Zora Snake (Cameroun).
D’étranges êtres humains surgissent actuellement de manière inattendue, vous surprenant au coin d’une rue du quartier de Bamako-coura. Au bord du goudron, un jeune homme ébouriffé, au lourd collier formé par deux pneus de voiture, pieds nus, énumère à voix forte et sans relâche, face à un miroir, ce qu’il a vu au bord des routes. Une femme ployant sous un énorme sac rempli de chaussures arrivant du lointain marche, harassée et déterminée, vers un autre horizon. Elle nous regarde. Nous provoque. On ne dit rien. Elle continue son chemin. Un homme couché immobile sur une planche maintenue entre deux chaises subit des vicissitudes : on parsème son visage et son torse de poussière, on vient racler son corps avec les dents d’un râteau rouillé, on lui pose ce qui pourrait ressembler à une grosse pomme de palmier hérissée de pointes de bois sur le ventre, on vient tordre une plaque de métal pour faire résonner à ses oreilles le tonnerre d’une déflagration… Il ne bouge pas. À côté de lui un autre, jambes en l’air, tourne indéfiniment comme une toupie lente autour de sa tête vissée dans un casque… Ce ne sont pas des créatures venues d’ailleurs, mais nos sœurs et nos frères qui ont traversé les misères du monde. Et ils viennent raconter leur voyage ici, aux Praticables, mais sans discours. Juste par la force des images qu’ils composent avec leurs corps – engagés, souffrants, magnifiques. Ce sont les performances issues du laboratoire encadré, animé, énergisé par le congolais Erick Androa Mindre Kolo et le camerounais Zora Snake. La femme portant les chaussures sur son chemin de poussière, c’est Sylvie, qui a réellement effectué le voyage à pied d’Abidjan à Bamako au moment de la guerre civile dans son pays. Sa performance s’appelle La marche infernale. L’homme de la planche, à qui Snake demandera de se lever et de plonger la tête dans un seau rempli d’eau et de s’y ébrouer jusqu’à ce qu’il soit vide, c’est le migrant coincé sur une étroite couchette, fuyant le fracas de la guerre et traversant déserts, fleuves et mers. Une des performances s’appelle Liberté, mais la plupart pourraient porter ce titre, tant les contraintes qu’on s’inflige deviennent, pour l’artiste lui-même, travaillant sur lui-même, les outils de sa libération. Au-delà du symbole qu’il représente, au-delà du message dont il est porteur, le sens est alors l’artiste lui-même. Il est saisi dans le processus de transformation de la vie, faite le plus souvent de poussière et de boue, de merde et de sang, en une forme dont la beauté et la vérité sont indémêlables – une œuvre d’art, dont la matière est le corps de l’être humain, dans sa présence misérable et grandiose, dans l’expression qu’il offre de toute la condition humaine. Snake m’apprend que l’homme de la planche était il y a peu un spectateur d’une performance à Bamako. Impressionné, il a voulu tenter l’expérience. Et Snake lui a répondu, comme à chaque fois en la même circonstance : « Si tu veux faire, viens. » Ce sera pour aujourd’hui notre devise des Praticables.